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Les deux premiers volets de cette investigation ont mis en lumière une affaire de corruption tentaculaire, savamment orchestrée autour du commerce de l’or par la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Nos révélations initiales ont exposé l’imposition d’un acteur trouble, M. Tidiane Koita, dans un contrat initialement transparent entre la BCRG et Emirates Minting Refinery (EMR).
Ce fut le point de départ d’un système opaque où les prix ont été manipulés, des livraisons d’or se sont volatilisées sans laisser de traces documentées, et où la coopération institutionnelle est devenue un vœu pieux.
Le deuxième épisode de notre enquête a confirmé l’existence d’une toile complexe de sociétés écrans, alimentée par des rétrocommissions vertigineuses et des violations contractuelles flagrantes. Une boucle d’enrichissement personnel, soutenue au plus haut niveau de l’État, s’est ainsi refermée sur les ressources nationales.
L’analyse minutieuse de contrats douteux, de flux financiers suspects et de complicités étatiques a révélé des transferts illégaux dépassant les 70 millions de dollars américain, transitant par des canaux obscurs.
Ce qui n’était qu’une suspicion s’est mué en une certitude accablante , un système de prédation économique est à l’œuvre, utilisant les leviers monétaires pour une captation illicite des richesses du pays.
Aujourd’hui, ce troisième volet de notre investigation nous plonge au cœur du scandale, dévoilant, preuves à l’appui, les méthodes concrètes par lesquelles les précieuses réserves en devises de la Guinée ont été méthodiquement aspirées vers l’étranger.
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La BCRG orchestre la fuite des dollars vers Dubaï. L’objectif officiel affiché par la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) lors de ses opérations d’achat d’or est limpide , renforcer les réserves en devises étrangères, en particulier le dollar américain (USD), pilier de toute économie stable.
Pourtant, ce qui se déroule dans l’ombre des bureaux de la BCRG défie toute rationalité économique et s’apparente à un sabotage délibéré de la souveraineté financière du pays. Des documents exclusifs, datés du 26 février 2023 et que nous avons pu consulter, mettent en lumière une manœuvre troublante.
Les sociétés Hypro Mining et Siramamba Mining, toutes deux contrôlées par M. Tidiane Koita, ont adressé à la BCRG des lettres d’une similitude frappante, quasi-identiques, stipulant que les paiements liés à la vente d’or seraient effectués exclusivement en francs guinéens (GNF).
Ce procédé, loin d’être une simple formalité administrative, constitue la pierre angulaire d’un mécanisme sophistiqué de captation illégale de devises étrangères, orchestré avec une précision chirurgicale depuis les plus hautes sphères de l’institution monétaire de la Guinée jusqu’au sommet de l’exécutif.
La mécanique est implacable : une fois les GNF encaissés par les sociétés de M. Koita, le Gouverneur de la BCRG lui-même donne l’ordre aux banques commerciales de transférer des sommes colossales en dollars américains… directement vers Dubaï, sur des comptes appartenant à M. Koita ou à des entités qui lui sont étroitement liées.
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Au lieu d’attirer des devises étrangères vers la Guinée la raison affichée de l’achat d’or , la BCRG opère un mouvement inverse, vidant les coffres de l’État de ses précieuses réserves en dollars.
Ce renversement de logique, aussi absurde que destructeur, constitue une violation flagrante non seulement des principes fondamentaux de la politique monétaire, mais également des clauses contractuelles signées avec M. Koita. Les devises étaient censées transiter de Dubaï vers Conakry, et non l’inverse.
Une question lancinante hante désormais les observateurs : pourquoi recourir à un intermédiaire tel que M. Koita si la BCRG avait la capacité de traiter directement avec les raffineries d’or ? À cette interrogation légitime, aucune réponse officielle n’a été fournie. Seul un silence opaque émane des cercles décisionnels, signe d’un système hermétiquement verrouillé.
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Les profits scandaleux de l’intermédiaire selon des sources proches du dossier, M. Koita bénéficierait d’un accès privilégié et suspect au marché des devises.
Il aurait la possibilité d’acheter des dollars américains auprès des banques commerciales au taux officiel de , pour les revendre quasi-immédiatement sur le marché noir à un taux avoisinant les . Le résultat de cette opération est un bénéfice net de plus de , réalisé sans aucune prise de risque, sans aucune contrepartie économique tangible pour le pays, et sans le moindre contrôle apparent.
En multipliant ce gain par les dizaines de millions de dollars transférés, on obtient une véritable hémorragie financière pour la Guinée, habilement dissimulée derrière le vernis d’une opération monétaire légitime.
Preuves irréfutables des cascades de virements suspects ordonnés par la BCRG
Nous avons pu obtenir un premier aperçu des virements effectués au profit d’un même bénéficiaire les entités ETS SOSIM et MAF GOLD TRADING – sur instruction directe et formelle du Gouverneur de la BCRG :
● 04 avril 2023 : Banque Populaire Maroco guinéenne – Transfert de . . , (Ordre signé par M. Kourouma Ibrahima et M. El Mostafa Fahraoui).
● 04 avril 2023 : NSIA Banque – Transfert de . . , (Ordre signé par Mme Christelle ZONGO).
● 04 avril 2023 : NSIA Banque – Transfert de . . , (Ordre signé par Mme ZONGO).
● 03 avril 2023 : CORIS BANK – Transfert de . . , (Ordre signé par MM. Tété Benissan et Vakantié Doumbia).
● 03 avril 2023 : CORIS BANK – Transfert de . . , (Ordre signé par les mêmes signataires).
Le montant total cumulé de ces seuls virements s’élève à la somme astronomique de . . , ́ , transférés en l’espace de quelques jours seulement vers Dubaï, transitant par les réseaux de M. Koita.
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Dans un pays où l’inflation ronge le pouvoir d’achat des ménages, où l’accès aux devises étrangères est sévèrement restreint pour les acteurs économiques légitimes, et où les entreprises peinent à se développer faute de liquidités, une telle fuite organisée des maigres ressources nationales constitue un crime économique d’une ampleur considérable rarement orchestré dans la gouvernance publique en Guinée.
Les questions qui brûlent désormais les lèvres sont multiples et exigent des réponses claires et transparentes :
– Qui protège un tel système de prédation au sein des institutions guinéennes ?
– Jusqu’où s’étend la chaîne de complicité au sommet de l’État Guinéen ?
– Et surtout, qui assumera un jour le coût politique, économique et historique de ce pillage organisé des ressources de la nation ?
Les prochains développements de notre enquête promettent de révéler des aspects encore plus troublants de ce scandale d’État d’un régime d’oligarchie et de kleptocratie, dévoilant des ramifications insoupçonnées d’un système démesuré où se mêlent abus de pouvoir, réseaux d’influence occultes et une trahison organisée de l’intérêt national par des hautes autorités de la transition.
Chaque nouvel élément que nous mettrons au jour, permettra de démêler un peu plus l’écheveau complexe de cette affaire qui ébranle les fondements mêmes de la République de Guinée dans une gouvernance qui se veut d’être appelée : la Refondation.

Affaire à suivre…
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